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Introduction

Louise Joséphine Charialle succède de peu aux grandes pionnières comme Madame Gelot-Sandoz ou Geneviève Élisabeth Disdéri, qui ouvrent respectivement leur atelier en 1844 à Paris, à l'âge de 41 ans, et en 1848 à Brest, à l'âge de 31 ans.


À retenir :

🗓️En quelques dates

• 18 octobre 1828 : Naissance à Paris

• 1859 : Ouverture de son atelier photo à Paris

• 1859 : Participation à sa première exposition de la SFP

• 1864 : Troisième femme à intégrer la Société française de photographie

• 1876 : Arrêt de son activité de photographe

• 18 décembre 1878 : Mort à Paris


En détails

En 1859, elle apparaît comme photographe à Paris, dans un local situé au 93 boulevard Beaumarchais, sous le nom Madame Laffon, sans que l'on sache pourquoi elle a choisi ce nom d'artiste. Les recherches menées sur sa carrière ont longtemps été compliquées par la multiplicité de ses noms et orthographes : elle porte tantôt le nom de son père, Lazard, qui ne la reconnaît que plusieurs années après sa naissance, tantôt celui de sa mère, Charialle.


Cette même année 1859, elle participe à la troisième exposition parisienne de la Société française de photographie (SFP*), avec neuf clichés au collodion humide, entre portraits et natures mortes. En 1861, elle installe son atelier au 13 rue Lord Byron, à deux pas de l'Arc de Triomphe, et le rebaptise « Photographie Lord Byron », du nom de la rue.

En mai 1864, elle devient la troisième femme (et la seconde Française) à intégrer la SFP. Elle prend part, au total, à sept expositions organisées par l’association, tant en France qu'en Angleterre, à Londres.

Son travail se distingue par l'étendue de ses activités, entre variété des sujets et des supports : collodion humide du petit au grand format, expérimentations sur différentes matières. Au début des années 1860, elle dépose un brevet visant à perfectionner l'enregistrement photographique sur des supports tels que le tissu ou l'émail.

Elle prend part à la constitution d'inventaires photographiques pour les musées, un pan de l'histoire de la photographie longtemps resté dans l'ombre : les femmes photographes étaient en effet fréquemment employées par les musées, dans le cadre de missions, à des fins administratives et pédagogiques. Louise Laffon réalise une série de photographies d'objets de la collection Campana, alors conservée au musée Napoléon III (aujourd'hui devenu le Louvre) ; le Victoria and Albert Museum de Londres en acquiert 500 tirages. Chaque cliché porte un cachet sans prénom et non genré, « L. Laffon », accompagné du nom de son studio, « Photographie Lord Byron ».

Durant une quinzaine d'années d'activité, son travail est salué par ses pairs : elle est décorée à l'occasion des expositions universelles de Paris de 1867 et de 1878. Son atelier change encore plusieurs fois d'adresse, jusqu'à ce qu'elle cesse son activité de photographe en 1876. Au-delà de cette date, les informations à son sujet disparaissent son parcours jusqu'à sa mort prématurée, survenue le 18 décembre 1878 à l'âge de 50 ans, demeure à ce jour inconnu.


* Fondée en 1857, il s’agit de la plus ancienne association française dédiée à la photographie.





📚Bibliographie :


• What They Saw: Historical Photobooks by Women 1843-1999 /

10 x 10 Photobooks, 2021


• Une histoire mondiale des femmes photographes

Textuel, 2020

Luce Lebart, Marie Robert


• Qui a peur des femmes photographes ? 1839-1919

Hazan, 2015.

Thomas Galifot, Ulrich Pohlmann, Marie Robert


• L'oeil et l'appareil : La collection photographique de l'Albertina

Seuil, 2003


• After Daguerre: Masterworks of French Photography (1848–1900),

Bibliothèque Nationale, Museum of Art ,1980

Bernard Marbot.




Liens utiles

Sources :


Flora Triebel, Une histoire mondiale des femmes photographes, Textuel


https://collections.vam.ac.uk/item/O1349200/fifth-series-photograph-laffon-louise/




Autrices, Auteurs

Ericka Weidmann