Introduction
D'abord peintre, Amélie Esther Guillot-Saguez (1810-1864) s'initie à la photographie aux côtés de son époux, le docteur Jacques-Michel Guillot, dès 1844, et plus particulièrement au procédé du calotype mis au point par le Britannique William Henry Fox Talbot. Les deux époux ouvrent ensemble, à Paris, un atelier situé dans le 2e arrondissement, la même année que celui de Madame Gelot-Sandoz.
À retenir :
🗓️En quelques dates
• 8 novembre 1810 : Naissance à Paris
• 1844 : Ouverture de l’atelier Guillot-Saguez à Paris (2e).
• 1845 : Départ pour Rome
• 1849 : Retour à Paris
• 1860 : Départ pour l’Algérie
• 7 mars 1864 : Mort à Chéraga (Algérie)
En détails
En 1845, ils quittent Paris pour Rome, où ils comptent parmi les premiers photographes étrangers établis dans la capitale. Tous deux travaillent à l'amélioration de la sensibilité du procédé, leurs épreuves, signées « Guillot-Saguez », sont longtemps attribuées au seul époux ; les recherches historiques ultérieures ont toutefois permis de restituer à Amélie une part importante de cette production photographique. Ce qui lui vaut d'être considérée comme l’une des pionnières à pratiquer le tirage sur papier salé.
Seule une dizaine de clichés d'Amélie Guillot-Saguez étaient jusqu'alors recensés. Il faut attendre 2016 pour qu'une vente aux enchères organisée par Christie's révèle un album exceptionnel et inédit, réunissant une trentaine de tirages sur papier salé, enrichissant ainsi la connaissance de l'œuvre de la photographe. Cet album est accompagné d'une lettre écrite de la main de la photographe à son amie à qui elle offre l’album :
« Voici, ma bien bonne amie, l'album que vous avez désiré. Toutes les épreuves ne sont pas aussi parfaites que j'aurais aimé à vous les donner. Vous savez qu'elles ont été prises à Rome et que nous n'avions pas la machine qui convient pour faire les vues (excepté l'académie, on nous en a prêté une ce jour-là). Mais, tel qu'est cet album, veuillez l'accueillir avec notre indulgence accoutumée et vous rappeler que le cœur qui vous l'offre donnerait, à l'occasion, sa vie pour vous. »
À leur retour à Paris, vers 1849, les époux réintègrent leur atelier. En 1857, Amélie exerce seule, son mari étant parti pour l'Algérie ; elle l'y rejoint en 1860, avant d'y décéder quatre ans plus tard, à l'âge de cinquante-trois ans.
📚Bibliographie :
• The Art of French Calotype, With a Critical Dictionary of Photographers, 1845-1870
Princeton University Press, 1983
André Jammes, Eugenia Parry Janis
• Qui a peur des femmes photographes ? 1839-1919
Hazan, 2015.
Thomas Galifot, Ulrich Pohlmann, Marie Robert
• Une histoire mondiale des femmes photographes
Textuel, 2020
Luce Lebart, Marie Robert
Liens utiles
Sources :
La parentèle au risque de la photographie ? Amateures et professionnelles au XIXe siècle et au début du XXe siècle (France, Grande-Bretagne, États-Unis), Thomas Galifot
Hélène Bocard, Une histoire mondiale des femmes photographes, Textuel
Anne Cartier-Bresson (dir.), Éloge du négatif. Le calotype en Italie, 1841-1865, Paris, Paris Musées, 2010 ; Sylvie Aubenas et Paul-Louis Roubert (dir.), Primitifs de la photographie. Le calotype en France, 1843-1860, Paris, BnF/Gallimard, 2010
Autrices, Auteurs
Ericka Weidmann





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